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Blade Runner
Image associée au film

Réalisation Ridley Scott
Acteur(s) Harrison Ford
Rutger Hauer
Sean Young
Edward James Olmos
Daryl Hannah
Scénario David Webb Peoples
Hampton Fancher
Roland Kibbee
Philip K. Dick (roman)
Musique Vangelis
Producteur(s) Michael Deeley
Budget $28 000 000
Durée 117 minutes
Sortie  25 juin 1982
 15 septembre 1982


Blade Runner est un film américain de science-fiction de Ridley Scott sorti en 1982 mais dont la dernière version (dite Final Cut) a été éditée en 2007 sur DVD. L'histoire est très fortement inspirée du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?) écrit en 1966 par Philip K. Dick auquel le film est dédié.

Sommaire

modifier L'histoire

modifier Le monde

L'histoire se déroule en 2019 dans un Los Angeles d'une Terre viciée à cause de guerres nucléaires qui ont anéanti la quasi-totalité de la faune et de la flore de la planète.

Les gouvernements terriens encouragent très fortement l'exil vers Mars qui est en cours de colonisation. Pour favoriser les départs, ceux-ci offrent gracieusement un « androïde à tout faire » à toutes les personnes qui s'exilent. Ces androïdes sont appelés « réplicants » et sont plus ou moins considérés comme des esclaves modernes. Ils sont aussi utilisés dans les travaux pénibles ou dangereux, comme objets de plaisirs ou dans les forces armées.

Les réplicants sont créés par la seule Tyrell Corporation, firme à la fois riche, puissante et influente. Après une révolte sanglante des réplicants dans une colonie martienne, ces derniers sont alors interdits sur Terre. Toutefois, certains réussissent à s'enfuir et à regagner la Terre pour retrouver leurs créateurs (dont Eldon Tyrell, lui-même) et les obliger à rectifier leur caractère génétique qui les limite à une durée de vie de quatre à cinq ans au plus.

Les unités policières Blade Runner sont là pour faire respecter la loi aux contrevenants androïdes. Ils ont donc l'autorisation de tuer n'importe quel réplicant en situation irrégulière. On n'appelle pas cela une exécution mais un « retrait ». Chaque retrait donne droit à une prime substantielle pour le Blade Runner qui l'a effectué.

Toutefois, ces androïdes modernes sont tellement évolués qu'il est difficile aux Blade Runners de les identifier et ils doivent alors enquêter longuement afin d'avoir la certitude qu'il s'agit bien d'un androïde avant de le retirer.

Pour repérer les réplicants, le Blade Runner se concentre sur les différences qui existent entre eux et les humains. Voici les trois principales :

Le film s'attache à montrer subtilement que les chasseurs de réplicants n'éprouvent pas beaucoup plus d'empathie que les réplicants eux-mêmes. Mais cet aspect des choses n'est pas perçu tout de suite par le héros.

modifier Les personnages

modifier Synopsis

Le film nous fait suivre l'histoire de Rick Deckard, un Blade Runner qui a pour mission de trouver et retirer quatre réplicants parmi six évadés d'une colonie de l'espace (le cinquième et le sixième ayant « grillé » dans un champ d'énergie en se rendant à la Tyrell Corporation).

L'histoire commence à Chinatown, un des quartiers de Los Angeles, où Deckard est conduit en spinner par Gaff au quartier général de la police du secteur. Là, il apprend que Holden, le meilleur Blade Runner de l'équipe, s'est fait assassiner en faisant passer le test de Voight-Kampff au répliquant Léon de type « Nexus-6 », le modèle le plus évolué des réplicants (excepté Rachel, un modèle unique). Il découvre alors que sa traque consiste à retirer les quatre androïdes restants de ce modèle, notamment leur chef, le redoutable Roy Batty.

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

A la Tyrell Corporation, Deckard rencontre Rachel, une réplicante qui se croit humaine et dont il tombe peu à peu amoureux. Par la suite, Rachel prendra conscience de sa nature de réplicante. Deckard sera dès lors chargé de l'éliminer elle aussi, mais ne pourra s'y résoudre.

Les androïdes sont mus uniquement par leur recherche de la vérité et essaient de trouver les explications sur eux-mêmes dans une profonde quête initiatique. Ils cherchent un moyen de vivre plus longtemps et gravissent un à un les échelons vers la connaissance, mais leur destin (la mort) les rattrape... En effet, au fil des années, ils semblent développer des sentiments et prennent conscience de leur propre fin « programmée »...

Quant à Deckard, il en apprend progressivement plus sur lui-même au contact de ces humanoïdes dont l'« humanité » est parfois plus forte que celle des Blade Runners.

modifier Les thèmes et aspects récurrents

modifier Commentaires

modifier La fin du film

Icône de détail Article connexe : Deckard est-il un réplicant ?.
La Ennis House, décor de l'appartement de Deckard.

Le film Blade Runner est actuellement disponible avec deux fins (principale différence entre les deux versions, la version « cinéma » de 1982 et la version Director's cut de 1992). Mais il existe en fait six versions, six montages différents du même film. Voici la liste des versions connues à ce jour :

Les préversions de Denver, Dallas et San Diego étaient très proches du montage final que l'on peut voir dans la version Director's Cut de 1992, notamment sur le statut du personnage principal, Rick Deckard qui passe de simple policier humain dans la version officielle américaine et européenne à celui d'androïde dans la Director's Cut et dans les préversions. La fin elle-même reste la même entre les pré-versions et la Director's Cut.

La fin dite alternative voulue par les producteurs de la Warner Bros. Pictures est due aux réactions des spectateurs des pré-versions de Denver, Dallas et San Diego. Il faut, pour comprendre, se replacer dans le contexte de l'époque. Blade Runner est un film de science-fiction, qui sort à l'époque de la Guerre des étoiles. L'acteur principal du film, Harrison Ford, est alors en pleine gloire grâce à des rôles comme celui de Han Solo ou Indiana Jones. Or, les spectateurs attirés par un film de science-fiction joué par un tel acteur sont majoritairement adolescents. Et ce public qui n'était pas le cœur de cible de ce film a été choqué de voir leur acteur-vedette passer pour un lâche, faible et désabusé dans un univers sombre et peu engageant.

Affolés par la très mauvaise opinion générale, les producteurs ont donc remonté — sans l'accord du réalisateur Ridley Scott — la fin, en recyclant des rushes non utilisés du film de Stanley Kubrick, Shining et en ajoutant une voix-off afin de « permettre au spectateur de mieux comprendre le film ». Dix ans plus tard, Ridley Scott pourra reprendre le montage de son film mais la Warner, voulant à nouveau faire valoir son droit sur le film, posa un ultimatum au réalisateur qui dut — pour pouvoir tenir le délai — abandonner une partie de la restauration.

La dernière version du film est parue en France le 5 décembre 2007, en version simple et en coffret, pour célébrer le 25e anniversaire du film. Ce dernier regroupe toutes les versions du film. La dernière en date, supervisée par Ridley Scott pour l'occasion, présente des modifications formelles mineures (plans de transition, décors d'arrière-plan améliorés, voix synchronisées, le fameux ciel bleu de la scène de la colombe devenu un ciel nocturne...). En outre, l'image et le son ont été entièrement restaurés. Cette version est considérée par le réalisateur comme l'ultime édition du film. L'édition française de ce coffret est toutefois moins fournie en termes d'objets additionels que l'édition américaine, vendue dans une valise métallique reproduisant celle des Blade Runners.

modifier La fidélité de l'adaptation

Philip K. Dick est mort quelques jours avant la sortie du film mais il avait pu visionner une pré-version de 40 minutes qui l'avait enthousiasmé. À l'inverse le critique Philippe Manœuvre, dans Métal Hurlant1, n'hésite pas à parler d'une seconde mort pour l'écrivain, et à comparer la situation avec celle de Boris Vian, décédé à la sortie de la première séance de l'adaptation de J'irai cracher sur vos tombes.

Une telle réaction peut sembler excessive, il n'est pas interdit de penser qu'une adaptation fidèle d'un texte ne fait pas nécessairement un bon film, et vice-versa. L'accueil très favorable du public contraste avec l'avis plus que réservé des critiques.

Le film et le roman (commercialement rebaptisé Blade Runner) n'entretiennent effectivement qu'un rapport assez mince. Le personnage de Rachel, par exemple, n'a pas au cinéma son ambiguïté originelle et n'est pas incarnée par l'actrice qui interprète le rôle de Pris (dans le roman, les deux femmes sont physiquement identiques). Toujours dans le film, Deckard n'est pas marié et ne s'occupe pas d'un mouton électrique. La réalité virtuelle du « prophète » Mercer n'est pas non plus abordée. Toutes ces élisions semblent à l'évidence avoir été motivées par le besoin d'obtenir un scénario relativement simple et compréhensible par tous. Bien que l'on soit projeté dans le registre du film d'action (très éloigné de l'ambiance du roman), Ridley Scott a conservé l'atmosphère mélancolique et a obtenu un film qui, à défaut d'être fidèle, est cohérent et a durablement marqué le public de l'époque.

modifier Des différences importantes avec le roman

L'intérieur du Bradbury Building, le décor de l'appartement de J.R. Sebastian.

Voici une liste non exhaustive de différences:

modifier L'inspiration

L'atmosphère particulière est entre autres inspirée de travaux du « futurologue » Syd Mead et de Moebius lorsqu'il publiait dans Métal hurlant (notamment les dessins qu'il a réalisés pour la bande dessinée The Long Tomorrow de Dan O'Bannon).

Avant Blade Runner, Ridley Scott et Moebius avaient collaboré sur Alien - Le huitième passager. Ridley aurait souhaité voir Moebius travailler aussi sur ce film, mais comme il était sous contrat ailleurs, cela ne put se faire. Néanmoins, bien qu'il n'ait pas été impliqué directement, son travail a certainement servi de référence lors de la production.

Soulignons aussi la présence dans l'équipe technique de Douglas Trumbull, le maître des effets spéciaux d'Hollywood, qui fut à l'origine des effets de 2001, l'odyssée de l'espace ou encore de Rencontres du troisième type. Ridley Scott, qui connaissait Trumbull depuis des années sans jamais avoir eu l'occasion de travailler avec, lui confia immédiatement l'élaboration des nombreux effets visuels du film, des miniatures pour le survol fictif du paysage industriel et de la pyramide de la Tyrell Corporation au début du film (décor justement surnommé « L'enfer de Ridley »), à la reproduction grandeur nature du cockpit des vaisseaux sillonnant la ville.

modifier Fiche technique

modifier Distribution

modifier Musique

La bande originale du film a été composée par Vangelis, qui venait de remporter l'Oscar de la meilleure musique de film pour les Chariots de feu (Chariots of Fire) de Hugh Hudson. C'est un mélange de mélodie sombre, de musique classique avec des sons futuristes au synthétiseur qui reflète l'ambiance envisagée par Ridley Scott. Il s'est également accompagné de Demis Roussos pour certains arrangements et chants, du compositeur Peter Skellern, du saxophoniste de jazz Dick Morrissey, du groupe The Ink Spots, du chanteur Don Percival et de la chanteuse Mary Hopkin.

En dépit d'une bonne réception par le public et les critiques, l'album sortira plus de dix ans plus tard. Cela ne l'empêcha pas d'être nommé en 1983 pour un BAFTA et Golden Globe Award en tant que « meilleure musique de film ».

Plusieurs versions ont été créées pour pallier ce manque dont une en 1982 par le The New American Orchestra mais ce n'est qu'en 1994 que le « vrai » album sortit avec certaines musiques tirées de la version du réalisateur du film.

En 2005, une version bootleg nommée Blade Runner - Esper Edition associant extraits du film et des musiques inédites du film apparaît bien qu'elle n'ait jamais été distribuée officiellement.

Un nouveau coffret de 3 CD's de la B.O. de Blade Runner est sorti en décembre 2007, pour fêter les 25 ans du film (en même temps que la sortie en DVD, HD-DVD et Blu-ray du "final cut") le 1er CD reprend les titres du CD officiel, le 2e CD des titres inédits et le 3e CD des titres entièrement réalisés pour ce 25e anniversaire.

modifier Voir aussi

modifier Bibliographie

modifier Liens externes

modifier Notes et références

  1. Métal Hurlant numéro 79, du 1er septembre 1982.


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